Voir la première partie : Un terroir millénaire (900-1914).
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1914-1918 La vendange 1914, commencée dans la dernière semaine de septembre, se voit contrariée par la mobilisation générale et par les difficultés de transport pour expédier les moûts vers les maisons de champagne. La Première Guerre mondiale ne fait pas cesser les activités du syndicat viticole qui se dégarnit à cause de la mobilisation. Les vigneronnes devront attendre 1920 pour obtenir le droit d’y adhérer et ne s’y précipiterons pas. Il est censé aider les vignerons à se procurer des pulvérisateurs et des produits de traitement de la vigne, à meilleur prix que pour les acheteurs individuels. Ce qui n’est pas toujours le cas1, malgré le soutien que lui apporte la commune. La guerre éprouve les familles des vignerons mobilisés dans l’armée. Leurs parents, leurs épouses et enfants se font un devoir de continuer à soigner les vignes. Les vigneronnes, en l’absence de leur mari ou de leur père, apprennent à tailler les ceps en plants greffés, à gérer, à remplir les déclarations de récolte. Elles ont toutes les peines du monde à transporter leurs raisins, vu la réquisition des chevaux. La guerre a ralenti la lutte contre le phylloxéra destructeur et le renouvellement des plants. Les vignes et leurs pépinières souffrent durant l’été 1918, lorsqu’elles sont entaillées de tranchées puis abandonnées par la population évacuée, et pour finir dévastées par les obus ou les passages d’artillerie. A la veille des vendanges 1918, la population commence à revenir d’exode, mais se trouve insuffisante pour remettre toutes les vignes en état de produire.
1919-1921 Le maire de Cuchery, dans une enquête sur les vides causés par la guerre, relève 19 agriculteurs tués ou disparus, un mutilé et 49 démobilisés revenus à la culture. Les agriculteurs en question sont surtout des viticulteurs2. Cuchery passe de 412 habitants, en 1914 à 364 en 1921. Le terroir viticole de Cuchery, Belval-sous-Châtillon, La Neuville-aux-Larris réunis ne couvre plus que 98 hectares3. Le prix du kilo de raisin de 1919 a plus que doublé par rapport à octobre 1917. On manque de greffeurs, ceux qui sont encore aux armées obtiennent un sursis pour se mettre à la tâche en mai-juin 1919. En 1921, dix-neuf Cucheriats assistent assidûment aux cours de greffage pour adultes.
1920-1940 La population de Cuchery continue à décroitre, atteignant 326 habitants en 1936. Les courageux et résilients vignerons encore debout reconstituent le terroir viticole, qui va gagner de la valeur, à l’aide de nouveaux plants greffés sur porte-greffes américains. L’AVC4 diffuse auprès des vignerons les informations et conseils techniques pour replanter au mieux. Elle édite et envoie, entre autres à la mairie du village, une carte calcimétrique permettant de repérer la teneur en calcaire de chaque lieu-dit viticole afin de choisir au mieux les porte-greffes. Pinot, le nom du célèbre cépage, apparaît dans un lieu-dit belvatier, « Les prés Pinot », mais qui n’est pas viticole et a l’air de dériver d’un certain « Pinon », receveur de la seigneurie de Belval en 1764. Dans les dossiers de dommages de guerre réclamés pour reconstituer les vignes, le prix de l’are de vigne en plants américains est de 100 francs et celui en plants français de 80 francs (prix retenus : ceux de 1914). Il faut bien sûr patienter quelques années avant que les nouveaux plants rapportent, et cela à condition que la météo soit favorable. En 1922, la piteuse récolte désole les vignerons. Celle de l’un d’entre eux, Albert C…, tient toute entière dans une malheureuse bonbonne que son épouse a fâcheusement cassée ! En 1929, il n’y a plus que trois hectares de vignes en plants non greffés sur les 159 que compte potentiellement le terroir viticole de Cuchery, La Neuville-aux-Larris et Belval-sous-Châtillon réunis.
Les cabanes, anéanties en 1918, commencent à être reconstruites et certains propriétaires laissent pousser ou cultivent des arbres fruitiers dans les savarts bordant leurs parcelles tels que les pêchers, guigniers, « balossiers » (produisant des prunes « impériales ») ou mirabelliers. Des équipements produits par l’industrie, achetés dans les villes ou bourgs voisins, participent à la modification du paysage. C’est le cas, par exemple, des fils de fer de palissage fixés à des piquets permanents, dans des vignes désormais alignées en « routes », de largeur parfois irrégulière, qui ont supplanté les vignes en foule. Cela permettant le passage des chevaux. Afin de les faire avancer et tourner avec leur charrue ou autre instrument, des sentes sont élargies et des « forrières » entretenues au chevet et au pied des parcelles, présentant, comme les talus, une flore et une faune particulières.
Labourer les vignes avec des chevaux fait partie des nouveaux savoir-faire de vignerons qui jusque là ne savaient conduire leur attelage, et lui parler, que dans les champs ou sur les chemins. Tâche qui relève des gros travaux réservés aux hommes.
Tous ces changements, ajoutés à l’achat des produits de traitement, exigent des investissements financiers engloutissant les bénéfices, quand il s’en présente ! Néanmoins, les vignerons n’empruntent que timidement auprès du Crédit agricole, dont la caisse locale, basée à Belval-sous-Châtillon, ne compte que 39 adhérents en 1929. C’est au prix de tous ces efforts que les vignerons se maintiennent et partent moins qu’avant la guerre s’embaucher dans d’autres terroirs.
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1, 2 et 3 : Instruments de vignerons cucheriats au début du XXe siècle5

< 1 Charrue vigneronne. . . Avant l’adoption de la charrue vigneronne, les rares vignerons de Cuchery, tel le novateur et médaillé M. Jules Bonnenfant, qui replantent les vignes en lignes, se servent de charrues agricoles les obligeant à délimiter des routes plus larges. Les routes plus serrées permettent de produire davantage, mais trop étroites, elles peuvent aussi nuire à la qualité des raisins car il est plus difficile de les traiter contre les parasites.



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Entre 1900 et 1930, le paysage viticole devient agro-industriel, transformé par la généralisation des vignes en routes. La construction des chemins de vigne se parachève, favorisant le passage des charrettes qui transportent les paniers de raisins. L’objectif étant de faire parvenir les grains intacts au pressoir et satisfaire ainsi les courtiers des maisons de champagne. La qualité montera d’un cran à partir des années 1960, quand les remorques (parfois d’anciennes charrettes à cheval transformées) seront tirées par des tracteurs et montées sur roues à pneus.
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1940-1945 Les vigneronnes doivent remplacer pour les gros travaux les hommes partis prisonniers outre-Rhin. Ces derniers découvriront qu’en leur absence certaines parcelles de vigne qu’ils auraient aimé acquérir ont été vendues à ceux qui étaient restés. L’entrée en guerre puis l’occupation entraînent des réquisitions, dont celle des chevaux, et la pénurie de produits de traitement à base de cuivre, soufre ou arsenic. Ne peuvent obtenir du sulfate de cuivre que les vignerons qui ont au préalable échangé du cuivre à la mairie, cependant que les ersatz ne se montrent guère efficaces. Il faut par ailleurs accepter le paiement des raisins en marks d’occupation et satisfaire aux exigences d’Otto Klaebisch, le sonderführer du champagne installé à Reims.

1941 12 avril Création du CIVC6, à Epernay, qui va organiser efficacement l’interprofession des vignerons et négociants en Champagne. Les vignerons de Cuchery doivent appliquer, parfois en rechignant, la taille courte imposée pour réduire les rendements et améliorer la qualité du raisin. Les registres du CIVC indiquent que Cuchery, Belval-sous-Châtillon, La Neuville-aux-Larris réunis cultivent 114 hectares de vignes en production, presque toutes avec appellation champagne, classées ainsi depuis l’application des lois du 22 juillet 1927 et du 29 juin 1936 sur la délimitation de la Champagne viticole et de l’aire d’AOC « Champagne ».
1942 15 janvier La préfecture de la Marne note à propos de Cuchery « qu’il y a une vingtaine de prisonniers mais que les vignes sont aussi bien cultivées que possible ». `
1945-1960 Les vignerons soignent de mieux en mieux leurs « galipes ». Les plus dynamiques s’efforcent d’obtenir leur diplôme de taille et de greffage sous l’égide de « Fort-chabrol », le nom donné au centre d’apprentissage viticole de Champagne situé à Epernay. A partir de 1959, ils doivent rentrer plus tardivement dans la profession, puisque la scolarité devient obligatoire jusqu’à 16 ans. Après l’école primaire, les futurs vignerons fréquentent alors des centres de formation à la viticulture, tel celui de Châtillon- sur-Marne. En général, on méprise le travail de « savetier » ou « altopier » (mauvais ouvrier). De belles vignes doivent paraître propres et en bonne santé. Dans ce but, les vignerons les amendent et les fument, soignent leur taille, les buttent, les débuttent, les désherbent au rouale et à la raclette.

Sans oublier de les traiter et, pour faciliter la murison, de rogner tous les brouts qui dépassent après le palissage. Celui-ci effectué à l’aide d’agrafes métalliques, souvent en forme de « C », sur les fils de fer releveurs doubles, finit par supplanter le palissage en lié. Quelques rares parcelles sont encore plantées de bacot dont les raisins ne produisent, en principe, que du picrate de consommation familiale, mais qui peuvent aussi se faufiler dans les paniers de raisins livrés au négoce.
1957 Une forte gelée printanière anéantit la récolte, certains vignerons courent se faire embaucher dans des entreprises industrielles locales afin de nourrir leur famille.


1960-1990 La vue plongeante que l’on a du vallon du Belval quand on arrive de La Neuville-aux-Larris retient l’attention de divers photographes et des rédacteurs du guide Michelin. Si nous portons le regard vers l’ouest, à l’horizon, apparaissent les hauteurs de la vallée de la Marne, alors qu’au moyen plan s’étale encore en 1980 une véritable mosaïque de champs et de prés au pied de la côte de vigne de Cuchery. Celle-ci, découpée par le chemin départemental n°24 et les chemins de vigne, épargnée par les pylônes électriques, se distingue particulièrement quand elle revêt sa lumineuse couleur vert clair du printemps ou ses ocres chatoyants d’automne. L’été, le vert plus sombre s’impose, les vignerons luttant contre les vignes « jaunes », atteintes de chlorose, en leur apportant du fer, tandis que le bleu s’invite temporairement dans les parcelles qui viennent d’être sulfatées.


L’hiver venu, domine le brun, plus ou moins noirâtre, de la terre, des ceps et des bâtons. Seuls les vignerons du cru repèrent leurs parcelles dont les limites ne sont pas toujours perçues par les visiteurs, du moins si le paysage se déroule trop vite sous leurs yeux. Les parcelles n’affichent ni le nom ni le statut de leurs exploitants. Sont-ils propriétaires ? Locataires ? Livreurs au kilo ? Récoltants-manipulants ? Tout cela à la fois ? Ou bien encore récoltants-coopérateurs ?
Après avoir été insérés dans le circuit touristique de la route du Champagne, Cuchery, La Neuville-aux-Larris et Belval-sous-Châtillon acceptent d’être intégrés au Parc naturel de la Montagne de Reims, créé en 1976. Ainsi, mieux guidés, les touristes sont invités pour le moins à jeter un coup d’œil sur le vallon.
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La route du Champagne a été inaugurée le 26 septembre 1953. Cet itinéraire signale les villes et les plus gros bourgs.
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En trente ans, sur l’ensemble des trois finages de Cuchery, Belval-sous-Châtillon et La Neuville-aux-Larris, quelques rares parcelles de vignes, situées sur des morceaux du finage moins propices à la culture des cépages autorisés, disparaissent. Mais au total, selon les recensements agricoles, entre 1956 et 1988, la superficie du terroir viticole a plus que doublé, aux dépens des savarts, des terres de labour ou exceptionnellement des bois. Formant des blocs assez compacts sur lesquels le Meunier a été planté en priorité7. Les remembrements ou les reclassements opérés sur les finages ne tracent pas toujours des frontières rectilignes entre les vignes et les autres terroirs. Les vignerons consolident les talus par des murs en pierre ou en béton, mais aussi avec des matériaux plus ou moins de récupération : traverses, tôles… A la (re)-plantation, ils respectent en principe un écartement standard minimum entre les ceps et pour la largeur des routes de vigne. Celles-ci, sauf exception, se disposant dans le sens de la pente. Certaines parcelles, par achat, échange ou héritage de propriétés contiguës, sont agrandies et alignées à grand coup de diplomatie et de signatures chez le notaire8. L’usage veut que les habitants du cru puissent passer à pied au moins à la lisière des vignes qui ne le leur appartiennent pas. Rares sont donc les propriétaires peu amènes qui tendent des fils ou des chaînes afin d’interdire cet usage.
Aux alentours des années 1960 à 1975, les chevaux sont supplantés par les motoculteurs, les mototreuils et enfin les tracteurs enjambeurs, pilotés par la gent masculine qui se forme les premiers temps sur le tas. Puis, le désherbage chimique remplaçant les labours, sauf dans les « plantes » (jeunes vignes), il n’est plus question d’aller cueillir les pissenlits blancs et la doucette en hiver jusqu’entre les ceps comme on le faisait au temps des vignes buttées.

< Rosiers et balise en 2009 © C Chevry
Rosiers plantés, au chevet d’une parcelle, là où le vigneron installait autrefois son porte-hottes. La balise guide le pilote d’hélicoptère qui vient traiter la vigne.
Afin de lutter contre les gelées de printemps, quelques vignerons allument au printemps des chaufferettes remplies de fuel, illuminant leurs parcelles la nuit et les laissant enfumées au petit matin. Certaines autres nuits, c’est la traque à la lampe de poche contre la noctuelle qui jette des lueurs. Partout, on fiche des balises, permettant aux pilotes des hélicoptères de repérer les vignes à traiter contre leurs nombreuses maladies. Quelques rosiers, plantés ça et là au chevet ou au pied des vignes, viennent ajouter des touches de couleur en été9. Ne faisant pas oublier toutefois certains amendements inesthétiques et irresponsables de « gadoues », provenant des déchetteries urbaines, qui n’ont duré que quelques années mais ont incrusté pour longtemps des déchets en plastique dans les sols. Des amendements d’écorces, plus présentables, leur ont alors succédé. Quant à ceux de craie, ils viennent dessiner des stries blanches ressortant sur le sol brun en saison morte. Les magasins de terre ou d’ amendements s’étendent, en principe de manière provisoire, dans les espaces en savart du finage10.
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Arbres fruitiers dans les vignes, à « La Carrière à Nanot », 1982 © C Chevry
Les arbres de ce bosquet, qui composait une image touchante, ont fini par être rasés au XXIe siècle. Ils avaient été plantés avant 1950 dans une pointe sans « forrière » où il était impossible de labourer à cheval. L’utilisation des enjambeurs se heurtant à la même difficulté, le bosquet a survécu encore quelques décennies, offrant des fruits imbibés de pesticides déversés par les hélicoptères de traitement..
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Poireaux dans une vigne d’Orcourt en 1982. © C Chevry
A cette époque, de rares vignerons « à l’ancienne » cultivent encore des oignons ou des poireaux dans les plantes.

Porte-greffe Téléki et sol désherbé.
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1990-2000 Les piquets métalliques imputrescibles supplantent les piquets de bois et supportent trois étages de fil de fer, voir quatre. Les arbres et la plupart des murgers disparaissent des vignes, les cabanes et les bacs de réception de sources sont laissés à l’abandon ou bien démolis. L’ancienne carrière de beurge, au lieu-dit « La Carrière à Nanot », est rebouchée. Les ouvrages en béton se multiplient, tels les aménagements hydrauliques.
L’utilisation massive d’engrais et de pesticides de synthèse continue à modifier ou appauvrir la biodiversité dans ou autour des vignes, et à faire grimper les rendements, alors que la production est soumise à des quotas par l’interprofession. Les vignerons qui les dépassent en arrivent à ne pas vendanger certaines parcelles ou bien à laisser à terre les raisins cueillis.

2000-2020 Avec l’entrée dans le XXIe siècle, s’il n’est plus possible d’étendre le terroir viticole11, au moins les viticulteurs peuvent-ils tenter de l’exploiter en respectant le développement durable de tout le territoire auquel il appartient. Ils prennent conscience que le réchauffement climatique va les obliger à revoir leurs habitudes d’autant que beaucoup de vignes sont déjà fragilisées par leur grand âge.
La pratique d’une viticulture raisonnée autrement, voir biologique, fait donc son chemin avec l’interdiction du traitement des vignes par hélicoptère (depuis 2010), l’enherbement des routes de vigne ou le retour du labour. Les méthodes de travail du sol d’une parcelle à l’autre devenant plus hétérogènes impactent le paysage, particulièrement pendant la dormance de la vigne, moins cependant que les ruptures dues aux parcelles en attente de replantation. Le retour éventuel des arbres aux abords des vignes pourrait bien lui aussi faire évoluer le paysage et la biodiversité. Un autre défi se présente par ailleurs, celui des nouvelles maladies de la vigne. Les vignerons qui cultivent, eux-mêmes ou en faisant appel à des prestataires, des vignes dans d’autres terroirs sont susceptibles d’introduire dans le vallon des maladies fort dangereuses, telle la flavescence dorée, pour peu qu’ils « oublient » de nettoyer leur matériel contaminé par des débris de feuilles infestées de cicadelles.

Depuis 2015, l’inscription par l’UNESCO des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne au patrimoine mondial de l’humanité, porte sur une zone cœur et sur une zone d’engagement composée de 320 communes12. Celles de la Varosse en font partie, néanmoins ses vignerons se sentent-ils tous impliqués par cette promotion ? Ceux qui pratiquent la vente directe de champagne, le sont probablement. Qu’en est-il pour les simples vendeurs au kilo, les autres habitants et les municipalités ? Préfèrent-ils continuer à considérer que mettre en avant le patrimoine vitivinicole serait réservé aux « communes phares » du vignoble champenois ? Cela appelle à des exigences qui visent non seulement les vignes et les lieux de vinification mais aussi les autres composantes du finage et de son bâti.


Revoir : les cabanes
et les lieux-dits viticoles du vallon de Cuchery-Belval.
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NOTES
- Expliquant peut-être qu’aux cantonales de 1919, Gaston Poittevin, secrétaire de la Fédération des syndicats de la Champagne n’a obtenu aucune voix à Cuchery, alors que 44 Neuvillats et 43 Belvatiers ont voté pour lui. ↩︎
- Le terme de viticulteur désigne en principe pour l’administration celui qui cultive la vigne. De fait, le terme de vigneron désigne aussi bien le viticulteur que le vigneron qui cultive la vigne et élabore son vin. ↩︎
- Il convient de réunir les trois communes, car l’administration ne distingue pas correctement leur finage respectif. ↩︎
- AVC : Association Viticole Champenoise, créée en 1898, intégrée au CIVC en 1957. ↩︎
- Le vigneron champenois, 12 avril 1916 et 25 décembre 1919 ↩︎
- Comité interprofessionnel du vin de Champagne ↩︎
- En 1978, le comité technique du CIVC constitue une collection de clones de Meunier. Certains ont été sélectionnés dans des parcelles du vigneron neuvillat, M. René Devillers. ↩︎
- Un exemple parmi tant d’autres, la vigne de Mme. C… , au lieu-dit « Les Chemins de Champlat », 35 ares en 1986, est issue du regroupement de 11 petites parcelles, réalisé entre 1954 et 1982 par son propriétaire, doué d’une patience de fourmi.
↩︎ - Cette idée de fleurissement aurait été impulsée par la comtesse Brigitte Chandon-Moët. ↩︎
- A La Neuville-aux-Larris, les archives municipales laissent trace de la location de ces espaces rares par la commune. ↩︎
- Voir : Les finages de cuchery, Belval, La Neuville ↩︎
- 319 communes en 2025. ↩︎
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SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE
Archives départementales de la Marne, Délibérations municipales de l’An VIII à 1924. Série E DEPOT.
Archives départementales de la Marne. Police Administration générale 1800-1940. Cote : 146 M 197.
Archives départementales de la Marne. Police Administration générale. Période 1914-1918. Cote : 203 M 207.
Archives départementales de la Marne. Dénombrements de la population de Cuchery de 1836 à 1954. Sous-série 122 M.
Archives départementales de la Marne. Registres matricules du recrutement militaire. Sous-série 1 R.
Archives départementales de la Marne. Organismes temporaires du temps de la Première Guerre mondiale. Dommages de guerres. Cotes : 10 R 5278, 10 R 2917.
Archives départementales de la Marne. Cadastre de Cuchery 1959. Cote 1755 W.
Archives départementales de la Marne. Dépôt depuis 1940. Cote : 133 W 350.
Archives départementales de la Marne. Administration Sous-Préfecture de Reims. Cotes : 3 Z 12 et 3 Z 16.
.Archives privées des familles Moreau-Brugneau et Chevry.
Témoignages oraux de Cucheriats, Belvatiers et Neuvillats recueillis entre 1975 et 2012.
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La Champagne n°5. Juin 1943.
L’Eclaireur de l’Est, 16 décembre 1919
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Jean-Luc Barbier, En Champagne et ailleurs, Interprofession et appellation, récit d’une épopée mémorable, Ed : Méroé, Impr Dupliprint, Dormont, 2024.
Yves Chauvé, 100 ans d’unité Syndicale 1904-2004, Epernay, Syndicat général des vignerons de la Champagne, 2004.
Georges Chappaz, Le vignoble & le vin de Champagne. Edité par Louis Larmat, Paris, 1951..
Hervé Malherbe, Socialisme et vignoble dans la Marne, 1890-1959, mémoire de maîtrise, Université de Reims, 1974.
Ernest Millet, La géographie champenoise, Reims, Matot-Braine, 1963.
Yves Tesson, Du phylloxéra à l’Association viticole champenoise, histoire d’une révolution technique, sociale et organisationnelle, à paraître dans les actes du colloque de la journée Georges Chappaz organisé par l’Institut Georges Chappaz, le 17 juin 2016, et publié en ligne.
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