Les curés de Cuchery du XIIe au XIXe siècle

Voir aussi : L’église de Cuchery plus de 900 ans d’histoire/

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XIIe–XIIIe siècles Ce sont les moines prêtres du prieuré de Belval qui desservent Cuchery.

Bénitier en l’église de Cuchery © C Chevry

XVIe siècle (?) Le prieur de Belval abandonne la cure à deux prêtres séculiers, l’un à Cuchery et l’autre à Belval. En tant que présentateur, il peut choisir le curé qui reçoit la confirmation spirituelle de l’évêque de Soissons.

1670 Le curé se nomme Gaillard.

1670 (vers) – 1716 Curé : François Jobart. Originaire d’Hermonville, son père, Jean, était bourgeois de Reims. François Jobart a d’abord été curé à Bouvencourt avant de s’installer à Cuchery pour 46 ans, avec des membres de sa famille, sa grand-mère a été inhumée à Cuchery. Il a probablement été une figure du village, doté d’une fortune personnelle, entouré de meubles, vaisselle et garde-robe confortables, propriétaire de biens immobiliers et de rentes dans plusieurs villages de la région, notamment autour d’Hermonville. Dans le vallon de Cuchery, François Jobart a acheté des biens fonciers et a prêté de l’argent à de nombreux habitants, ses débiteurs étant de toutes conditions puisqu’on y trouve même Claude de la Felonnière et M. Godet d’ Orcourt. A Mme de Sauville, le curé loue une maison dans le village, maison qu’il a achetée auprès d’un certain M. Ludier, en même temps qu’une ferme avec un arpent de terre et un autre de vigne aux « Gotteleries ». A sa mort, cette ferme a été héritée par sa nièce, Jeanne Thulé, épouse de M. Le Dieu de Ville, tandis que son pressoir, logé près du presbytère, a été transmis au laboureur Jean Vizeneux. Le 28 mai 1716, François Jobart âgé de 82 ans, est inhumé à Cuchery, en présence de quatre curés des alentours. Ses biens ont certes été légués pour une bonne part aux membres de sa famille, mais les pauvres de Cuchery et de quelques autres localités n’ont pas été oubliés. Ainsi, par exemple, la fabrique de Cuchery reçoit une maison jouxtant le presbytère dans laquelle le maître devra assurer l’école gratuite à six pauvres, filles ou garçons. A Hermonville, François Jobart a fondé un vicariat perpétuel.

XVIIIe siècle Au moins trois des six curés qui se succèdent à Cuchery avant la Révolution sont originaires du diocèse de Reims, quatre sont décédés et inhumés dans le village. Aux yeux du fisc royal, cet homme d’Eglise fait partie des « privilégiés », non soumis à la corvée et n’acquittant pas la taille. Ses revenus à Cuchery sont moins modestes que ceux de la grande majorité des habitants. Il reçoit les deux tiers des dîmes que prélève le prieur de Belval sur le village, auxquels s’ajoutent les dîmes sur les novales, le casuel, et parfois les revenus de quelques biens personnels. Ses parents ou une domestique partagent son presbytère dont dépendent quelques verges de terres.

Les fonts baptismaux en l’église de Cuchery ©C Chevry

Le curé administre certains sacrements : eucharistie, baptême, mariage1, extrême-onction, pénitence; préside les funérailles ; procède à la purification des femmes après leurs couches et à diverses bénédictions, citons par exemple celle du lit nuptial ou bien des cloches de l’église. Il doit enseigner le catéchisme en vigueur dans le diocèse de Soissons, au moins le dimanche avant ou après les vêpres, comptant beaucoup pour cela sur l’assistance du maître d’école qui instruit les enfants. En même temps qu’il exerce son ministère religieux, le curé assure l’encadrement à la fois moral et social de la population, se trouvant en outre responsable des registres paroissiaux, remplis d’une écriture qui s’améliore au XVIIIe siècle. En général, il collabore avec le marguillier, l’homme qui dirige la fabrique, c’est-à-dire le groupe de chefs de famille gérant les biens de l’église (immeubles, cimetière, terres louées, dons, legs…), responsable sur ses biens propres de cette gestion et susceptible de voir ses meubles saisis en cas de non-paiement des dettes de la fabrique.

Résidant en permanence à Cuchery, le curé va visiter ses paroissiens, connaît bien leurs misères, leurs ressources, parfois leurs colères et joue sûrement le rôle de conciliateur lorsque des disputes surgissent. On ne peut prouver qu’il assiste à toutes les réunions de l’assemblée du village. Là, commente-t-il les décisions écrites envoyées par l’évêque de Soissons ou l’administration royale, telles que les ordonnances qui viennent d’être lues au prône dominical ? Nous possédons quelques traces de son rôle de médiateur dans les différends opposant les villageois aux autorités royales, à l’évêché ou encore à leur seigneur, le prieur de Belval. Lorsque les Cucheriats refusent de payer des réparations de l’église ou du presbytère, le curé n’hésite pas cette fois à s’en plaindre auprès de l’administration royale ou diocésaine en des termes peu indulgents.

De toute façon, le curé est un personnage à part parce qu’il n’est pas né dans le village et qu’il ne partage pas la même culture ou n’observe pas la même tenue que les autres qui le surveillent sans relâche. Quand il sort du presbytère pour acquitter le service divin ou administrer les sacrements, il doit porter son surplis. Peu de renseignements nous sont parvenus sur la formation des curés qui se sont succédé à cette époque. Sont-ils tous issus du séminaire ? Le curé n’appartient pas non plus à la même sphère que le prieur de Belval qui fait partie des « cadres intermédiaires » du clergé, résidant la plupart du temps à Reims, menant une vie confortable et sans charge d’âmes. En tant que prêtre, le prieur n’a apparemment administré qu’exceptionnellement le sacrement du baptême dans sa seigneurie (à Belval). Etant donné qu’il laisse les deux tiers de la dîme prélevée sur Cuchery à son curé, celui-ci doit se montrer en principe plus conciliant que les desservants qui se contentaient de la portion congrue, tel celui de Belval qui n’était que vicaire.

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1716-1725 Curé : Nicolas Thibaut. Précédemment curé de Meslerai-Cuisles. Enterré à Cuchery le 7 septembre 1725 dans le chœur de l’église.

1725-1730 Curé : Pierre Le Poivre, issu d’une famille de bourgeois de Reims, qui a demeuré à Cuchery avec sa mère décédée en 1728.

1730-1773 Curé : Pierre Thomé. Enterré le jeudi 11 février 1773, à l’âge de 70 ans, à Cuchery. Ses relations avec les paroissiens cucheriats ont parfois été tendues. Dans une lettre du 1er mai 1738, il se plaint à l’intendance de sa peine à obtenir la réparation du presbytère, soupçonnant « trois ou quatre habitants difficiles et remuants qui d’ailleurs ne risquent rien, n’ayant presque point de biens », de vouloir retarder le paiement de ces réparations. Les récalcitrants en question estiment, que vu la part de dîmes qu’il reçoit, le curé doit se charger des frais. Une de ses ouailles, Guillaume Poudras, un sabotier âgé de 37 ans, ayant commis un sacrilège en volant les vases sacrés, a été condamné en 1741 à l’amende honorable et poing coupé avant d’être brûlé et ses cendres jetées au vent. Si toutefois l’exécution a eu lieu au chef lieu-lieu du bailliage, elle a dû faire impression sur les paroissiens qui s’y sont rendus. En 1754, le montant de la dîme prélevée sur les habitants de Cuchery s’élève à 350 livres. Deux ans plus tard, Pierre Thomé parle de « paroissiens peu curieux et peu zélés » qui ne voudront plus contribuer aux menues réparations et embellissements de l’église après les lourds frais qui venaient d’être engagés afin de la daller.

1767 9 mai Mgr de Bourdeilles, évêque de Soissons de 1764 à 1790, vient confirmer à Cuchery. Le curé relève scrupuleusement dans ses registres que les 104 confirmés sont âgés de 8 à 28 ans, parmi eux les 47 jeunes qui ont déjà fait leur première communion sont âgés de 17 à 28 ans et parmi les 57 confirmés qui n’ont pas fait leur première communion, 6 ont de 17 à 23 ans.

L’ambon en l’église de Cuchery © C Chevry

En 1783, Robert Truteau donne la communion à 300 habitants sur environ 425 que compte alors Cuchery. Ce comptage, au même titre que celui des confirmés, intéressait l’évêché qui mesurait ainsi l’influence de l’Église et évaluait le travail de son pasteur. Le 11 mars 1784, Robert Truteau est inhumé lors d’une messe concélébrée.

1774 Mars – 1784 Curé : Robert Simon Truteaux. Il perd tous ses effets, sa bibliothèque, ses meubles, sa basse-cour… dans l’incendie du 1er juillet 1776, mais ne déclare pas la perte d’une écurie, ni d’une monture. L’évêque de Soissons, fondateur d’un bureau des incendies, venu le réconforter et distribuer 100 livres aux malheureuses victimes, a été touché par son zèle et sa charité. Sans songer au danger qui le menaçait, le curé a en effet volé au secours de ses paroissiens. Si « consterné et si troublé » qu’il n’ a pas été en mesure d’enlever les vases sacrés, laissant ce soin au procureur fiscal qui les a déposés au bout du village.

1784- 1791 (Mai) Curé : Gilles Gaillard. En 1786, par édit royal, la portion congrue à laquelle chaque curé peut prétendre est fixée à 700 livres. Somme dépassant probablement les deux tiers de la dîme attribués au curé de Cuchery à cette date. Le 24 mars 1789, dans une lettre adressée à Jacques Necker, directeur général des finances à Paris et ministre d’Etat, il accuse des Cucheriats (sans les nommer), d’avoir substitué un autre cahier de doléances à celui qui avait été adopté par leur assemblée du 3 mars. Gilles Gaillard pense que le cahier envoyé a été rédigé d’après un modèle venu de Paris, modèle qui aurait circulé dans d’autres paroisses du bailliage de Châtillon. Il joint à la lettre une copie du cahier de Cuchery, qu’il annote et critique au regard des articles concernant la réforme des institutions et de la fiscalité. Les Cucheriats ne présentent pas de doléances antireligieuses. Le clergé n’est visé que dans l’article 7 qui revendique une répartition plus égale des impôts, sans distinction d’ordres ni de privilèges et dans l’article 11 qui demande que les ecclésiastiques participent à la confection et l’entretien des chemins entre les villages. Pour l’année 1790, Gilles Gaillard reçoit un traitement de 1270 livres. En janvier 1791, sur deux feuillets insérés dans les registres paroissiaux, il couche une série de réflexions sur la religion et la raison. Ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, le 15 mai 1791 Gilles Gaillard doit céder sa place à un autre curé. Celui qui a été nommé, un certain Bled, vicaire de Châtillon, a préféré la cure de Juniville. Les prêtres des villages voisins sont venus desservir la paroisse en attendant un successeur. Selon Emile Bouchez, en septembre 1791, un certain Jean-Louis Laurain aurait été élu à la fois curé de Cuchery et d’Aougny par l’assemblé électorale de Reims.

1791-1792 Au traitement versé par l’Etat, suite à la disparition de la dîme, il faut ajouter le casuel et des indemnités communales. Les biens fonciers de la cure et de la fabrique sont vendus aux enchères, soit 325 verges de terres et prés, 9 verges de vignes pour les biens de la cure et un peu plus de 5 arpents de terres et prés pour les biens de la fabrique. « La Sente du Curé », qui figure dans le cadastre du XXe siècle, permettait d’accéder à la vigne de la cure et à deux de ses parcelles de terre aux « Monthézié ».

1792 En juillet, Nicolas Louis Demussy, ancien cistercien, est curé de Cuchery et officier public du conseil général de la commune, ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé.

D’après Emile Bouchez, Beaucourt, procureur de la ville de Reims, raconte qu’en 1792, « parmi les espions de l’armée autrichienne […] on aurait retrouvé un curé de Cuchery, déguisé en vivandier ». Il est probable qu’il s’agisse de Gilles Gaillard qui, en avril 1792, avait déclaré vouloir résider à Charleville dans la Marne, puis qui a fait partie des déportés volontaires.

1793 En janvier, Nicolas Louis Demussy quitte sa fonction curiale, décidé à s’installer à La Grange-aux-Bois dans l’Aisne. Le curé Bufry lui succède jusqu’à l’arrivée de la Terreur. Cuchery figure sur la liste des églises supprimées. En juillet 1793, un arrêté départemental interdit les sonneries de cloches qui convoqueraient la population aux offices catholiques. Le 27 novembre, le conseil municipal dresse la liste des objets en métal précieux de l’église de Cuchery : un calice, un ciboire, un soleil, quatre vases et deux burettes afin de les envoyer au magasin du directoire d’Epernay.

1795-1802 L’Eglise et l’Etat se séparent. L’église de Cuchery est réouverte en mai 1795, mais sans curé. Les autres villages du vallon ont dû connaître le même sort. En raison de l’absence de prêtre, l’agent national, Germain Vivien, représentant La Neuville-aux-Larris rapporte au directoire d’Epernay que des « messes blanche roulle à grende force » dans sa commune. Un vigneron neuvillat y « barbouille quelques mots de latin » pour diriger les prières des vieilles paroissiennes. En octobre 1795, à Belval-sous-Châtillon-La Neuville-aux-Larris, s’installe pour peu de temps un desservant assermenté nommé Médard Rémard qui s’était inscrit comme prêtre marié. Son mariage ayant été une feinte pour éviter la mort. Ses paroissiens auraient voulu le garder tout de même, mais sa hiérarchie l’a condamné. Néanmoins, les paroissiens du vallon semblent être restés fidèles à la messe de l’Eglise romaine.

1796 8 août Le presbytère et ses dépendances sont vendus. Il en a été de même, le 4 juillet, pour ce que le curé Gaillard possédait en propre à Cuchery : une grange avec sa cour et son jardin. Ces biens sont acquis par Gérard Vivien pour 1800 francs. L’indemnité que le gouvernement fixe pour ses héritiers en janvier 1827 sera du même montant.

Maître-autel en l’église de Cuchery avant 1914 © Coll.particulière

XIXe siècle Au cours du XIXe siècle, qui a compté plusieurs années de vacance de poste, les desservants prenant place à Cuchery ne s’y sont guère éternisés. Presque tous nés dans le diocèse de Reims auquel appartient désormais le village, ils partagent le presbytère avec un ou deux membres de leur famille ou une domestique. Cuchery et La Neuville-aux-Larris font alors partie des ces paroisses qui, dans le clergé rémois, « n’ont pas une réputation brillante ». La déchristianisation y va crescendo, même si, jusqu’à l’aube du XXe siècle les Cucheriats respectent encore les rites catholiques accompagnant la naissance, le mariage et la mort. La piété mariale, réactivée au XIXe siècle, reste populaire jusqu’en 1900. Certaines septuagénaires cucheriates, dans les années 1960, se souvenaient encore d’avoir participé, durant leur jeunesse, à la longue procession fêtant la Vierge Marie qui défilait depuis l’église de Cuchery jusqu’à Notre-Dame de La Neuville-aux-Larris, bannière en tête, semant des pétales de rose sur son passage. Cependant, à partir de la fin du second Empire, les relations entre paroissiens et desservants de Cuchery se compliquent, la fin tragique de l’abbé Miroy en témoigne. L’anticléricalisme prend de l’ampleur dans la paroisse qui va finir par perdre son desservant. Après la Première Guerre mondiale, ce mouvement de fond reviendra, avec des tensions entre « calotins » et « rouges », dont le paroxysme sera atteint sous le Front populaire.

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1801 Signature du Concordat entre l’Etat et l’Eglise catholique. L’Etat doit garantir des conditions matérielles aux prêtres curés et desservants. Le Concordat est entré en vigueur en avril 1802.

1802-1803 messidor an XI à pluviôse an XII Desservant : Nicolas Cantinet, né à Reims.

1804 Cuchery est une succursale qui a gardé sa fabrique. Un nouveau desservant est attendu, mais il n’arrive qu’à la fin de l’année après une vacance de plusieurs mois que les Cucheriats ont déplorée.

1805-1812 Desservant : Anne-Marie-Jean Billet. Né à Reims, où il a été vicaire constitutionnel en 1791, a prêté le serment concordataire en 1802, puis a été nommé curé de Sarcy et Poilly avant d’arriver à Cuchery. En avril 1812, il est transféré à Verneuil.

1812-1815 Desservant : Germain Théodore Dodemant, né en 1762 à Dormans où son père était notaire royal.

Vers 1830, 1833 Desservant : Jean-Pierre Bouché. Sera plus tard curé de Ville-en-Selve.

Confessionnal en l’église de Cuchery © C Chevry

1815-1824 Le vaste doyenné de Châtillon-sur-Marne souffre d’une sérieuse pénurie de prêtres, ne disposant que de trois curés résidents dont deux vieillards. Cuchery n’ a pas de desservant à cette époque. Fleury-la-Rivière, Hautvillers et Reuil, qui en ont conservé un, offrent alors leur secours.

1825, 1827 Desservant : Pierre Lauthier, originaire de Haute-Loire. En 1831, il devient curé d’Auberive et va le rester jusqu’à sa mort, en 1859.

1834, 1836 Desservant : Gabriel Cassiaux, né en 1803 à Saint-Thomas dans la Marne, de père maréchal-ferrant. Sera ensuite curé de Jandun et Osnes.

1844, 1846 Desservant : Nicolas Batilliot, né à Neuflize dans les Ardennes, sera plus tard curé à Saint-Etienne-à-Arnes.

1847, 1848, 1851 (?) Desservant : Claude Gaillard. A supposé qu’il soit resté jusqu’en 1851, il a dû faire face à l’épidémie de choléra de 1849, entraînant de nombreux décès et possiblement un bouleversement des rites funéraires.

1851-1852 Desservant : Jean-Baptiste Marcq, né à Witry-les-Reims en 1827, de père instituteur. Dès sa sortie du grand séminaire de Reims, il a été nommé à Cuchery, où il est resté 21 mois pour rejoindre ensuite Aussonce, le 24 juin 1852. Dans sa nécrologie, on découvre que ses paroissiens l’auraient reçu avec empressement. On y lit : « Il racontait que les pompiers qui figuraient à la cérémonie de son installation étaient habillés de tous les uniformes qui venaient de se succéder en France. Il avait gardé un excellent souvenir de cette paroisse, qui eut les prémices de son ministère »2.

1852, 1856 Desservant : Jules Robert, originaire des Ardennes. Ses parents partagent son domicile cucheriat. Son père, Jean Thomas Robert, ancien officier de l’armée napoléonienne et décoré chevalier de la Légion d’honneur en 1813, lui a sûrement transmis le sens du devoir. Jules Robert fait preuve de dévouement pendant l’épidémie de choléra de 1854.

L’abbé Miroy ©Coll.particulère

1861-1868 Desservant : François-Auguste Anot, né à Saint-Germainmont en 1837, ordonné prêtre en 1861. En 1868, il est nommé curé de Puiseux. A partir de 1867, apparaît Le bulletin du diocèse de Reims, qui informe prêtres et paroissiens sur ce qui se passe dans leur diocèse. On y apprend que M. Anot, curé de Cuchery, est membre de l’Association de saint Joseph.

1868-1871 Desservant : Charles Eugène Miroy3 .

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Florentin Auguste Bourelle4

1874 Mai Desservant : Auguste Bourelle, 27 ans, né à Hermonville, fraichement sorti du grand séminaire de Reims, il parvient à Cuchery qui avait été privé de curé pendant trois ans et demi. Zélé, Auguste Bourdelle a profité « des visites que ses paroissiens venaient lui faire au presbytère, pour leur parler de Dieu, et le plus souvent ses paroles étaient bien accueillies ; il eut la joie de découvrir et de guider une vocation religieuse [… ] il a ramené à la pratique des sacrements un certain nombre de personnes qui les avaient abandonnés ». En juillet 1875, il rentre au séminaire des missions étrangères, puis part en mission apostolique au Japon méridional en 1876. Décédé accidentellement en 1885 au large de Nagasaki.

1875-1880 Desservant : Prosper Alexis Godin, né en 1848 à Prouilly de père vigneron, ordonné prêtre le 1er juillet 1875 et tout de suite nommé à Cuchery. Prosper Godin se heurte à l’hostilité d’une partie de la population. Le 25 décembre 1876, pendant la messe de minuit une bande de jeunes Cucheriats vient troubler l’office. Le 11 janvier 1879, un article paru dans Le Courrier de la Champagne : Journal de Reims, signé « un ami du bon sens » de Cuchery, expose la lettre d’un groupe de Cucheriats qui se plaignent de l’intervention du curé dans l’instruction de leurs enfants :

« Les habitants de Cuchery à X. X. X,

Une rumeur se présente à nouveau dans notre commune. C’est que M. le curé déclare même à l’église qu’il faut que tous les enfants qui fréquente les classes dans l’école apprennent trois leçons par jour se sont lévangile lystoire Sainte et le cathéchisme. Il arrive lui-même aux classe les oblige à le suivre ce qui est suivant nous une instruction mal fondé même pour lavenir et qu’il n’est pas en rapport avec la science et embarasse l’esprit des enfants pour que leure instruction leur soit perdu pour l’avenir. Les misseus les curé toujours fidèle au riche afain qi’ils ni ait queux qui est de l’instruction. Nous ne pouvons pas nous arrêté ainsi nous demandons que ses misseus les curés disparaisse entièrement dans les classes que l’instruction devienne comme en Engleterre la religion appartient au père de famille libre à lui denvoyé ses enfants à l’église si nous ne pouvons arriver de la sorte nous nous trouvons forcé de trouvé un autre moyens nous avons confiance que la République nous entendra et nous donnons l’instruction gratuite et obligatoire pour tous le monde purement laïque. »

Extrait du journal Le Courrier de la Champagne : Journal de Reims. 11 janvier 1879.

Cet « ami du bons sens » pourrait bien être Maurice Sibeaux, le même qui, le 21 janvier 1879, signe un autre article publié dans le Courrier du Nord-Est, dans lequel il reprend cette position anticléricale et donne sa version à charge contre l’abbé Miroy 5.

De 1880 à 1930, Prosper Godin est l’abbé de Merfy, où il fêtera son jubilé, après avoir été décoré de la croix de guerre pour sa bravoure pendant la Première Guerre mondiale

1880-1883 Desservant : Léon Gilles, ordonné le 29 juin 1880, nommé à Cuchery en septembre suivant. Après une entorse mal soignée attrapée en 1881, il a estimé son double service Cuchery / Belval6 trop pénible., Il est nommé ensuite curé de Crugny.

1884, 1891, 1895 Desservant : Paul Berteaux, précédemment desservant de Romigny. Selon Jean-François Boulanger, il est signalé par le sous-préfet en 1884, comme « s’occupant plus de faire de la propagande républicaine que de son service ». Le 21 juillet 1887, à l’appel du doyen de Châtillon-sur-Marne, Paul Bertaux a probablement dû assister à l’inauguration solennelle de la statue d’Urbain II 7. Nommé curé de Beine-Nauroy en 1895.

A partir de juin 1895, l’administration diocésaine n’a plus nommé de desservant à Cuchery. Le conseil municipal souligne que le presbytère serait désormais trop détérioré.

1896 Le journal La Croix du 9 février nous rapporte qu’à Reims et à Cuchery on se prépare à célébrer le 25e anniversaire de la mort glorieuse de l’abbé Miroy.

Voir aussi : L’histoire du cimetière de Cuchery à travers les siècles/

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NOTES

  1. Voir : Les baptêmes et mariages à Cuchery ↩︎
  2. Nécrologie parue dans Le bulletin du diocèse de Reims, 1899. ↩︎
  3. Voir : Le destin tragique de l’abbé Miroy ↩︎
  4. Site WEB de l’IRFA Institut de recherche France-Asie ↩︎
  5. Seconde lettre republiée dans Le Courrier de la Champagne : Journal de Reims,
    28 janvier 1879. Maurice Sibeaux était un petit agriculteur-vigneron aigri d’Orcourt, époux de Virginie Ancien, laquelle a quitté le foyer conjugal sur le tard, devenant la domestique du docteur Ange Remy à Châtillon-sur-Marne en 1888 ↩︎
  6. Au XIXe siècle, Belval-sous-Châtillon perd son desservant, alors que La Neuville-aux-Larris en a gagné un et l’a conservé jusqu’en 1914. Cette décision a-t-elle été prise par les autorités diocésaines et administratives après concertation des fidèles et administrés de chacune des communes ? ↩︎
  7. 1500 prêtres assistaient à la cérémonie. ↩︎

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SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE

Archives nationales. Arrêts criminels du Parlement de Paris (1724-1750), Cote : X/2a/1064-X/2a/1154.

Archives nationales. Documents concernant l’abbé Miroy, curé de Cuchery (Marne), Cote : AB/XIX/3199.

Archives nationales. Ministère de la justice ; Mélanges ; Dossiers de recours en grâce ; (An XII-1885). Volume 2. Dossier 1956. Inventaire sommaire (BB/24/725-BB/24/890)

Archives départementales des Ardennes. Etats civils. Cote : 2 E 3113.

Archives départementales de la Marne. Rolle pour les réparations de l’église de Cuchery 1757. Cote : C 1837.

Archives départementales de la Marne. Délibérations municipales. E DEPOT 13245.

Archives départementales de la Marne. Registres des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Cuchery de 1681 à 1792. Cote : E supplément. 518 à 529.

Archives départementales de la Marne. Révolution. Monnaies, Fabriques. Cotes 1 L 606, 1 L 1347.

Archives départementales de la Marne. Dénombrements de la population de Cuchery de 1836 à 1911. Sous-série 122 M.

Archives départementales de la Marne. Testament de François Jobart. Cote : 1 T 153.

Témoignages oraux de Cucheriats recueillis entre 1975 et 2000.

Notice nécrologique. Auguste Bourelle 1847-1885, dans les Archives des Missions étrangères de Paris.

Ordonnances synodales du diocèse de Soissons, Ponce Courtois, imprimeur de Monseigneur l’évêque, Pierre Nicolas associé, Soissons 1769.

Le bulletin du diocèse de Reims. Années 1891, 1899 et 1909.

Etats détaillés des liquidations faites par la Commission d’ indemnité à l’époque du 31 décembre 1827…, Volume 2, Paris, imprimerie royale,1828.

Journal de politique et de littérature n°13. Bruxelles, 1776.

Le Courrier de la Champagne : Journal de Reims, 11 janvier 1879, 28 janvier 1879.

Sous la direction de Séverine Blenner-Michel, Jacqueline Lalouette, Servir Dieu en temps de guerre: Guerre et clergés à l’époque contemporaine. XIXe-XXIe siècles, Colloque de Lille les 8,9 et 10 novembre 1911. Armand Colin-Recherches et Ministère de la défense. Paris. 2013.

Emile Bouchez, Le clergé du pays rémois pendant la Révolution et la suppression de l’archevêché de Reims (1789-1821), Reims, Imprimeur Lucien Nonce, 1913.

Jean-François Boulanger, L’administration départementale et le clergé catholique dans la Marne de 1870 à 1905, p 394, Sous la direction de Georges Clause, Yvette Guilbert et Maurice Vaïsse, La Champagne et ses administrations à travers le temps, Lyon, La Manufacture, 1990.

Jean-François Boulanger et Stéfano Simiz, Compter les fidèles champenois, dans Compter les Champenois, Centre d’études champenoises. Presses universiatires de Reims. 1997.

L’abbé Charles Cerf, Le livre d’or des actes de dévouement et de générosité qui se sont produits dans le diocèse de Reims durant l’invasion allemande.1870 -71, Société de Saint -Augustin, Desclée de Brouwer et Cie, 1896.

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Daniel Pellus, Les procès scandaleux en Champagne : du Moyen Âge à nous nos jours, Amiens, Martel éd, 1995.

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