XVIIIe siècle La Grande Rue se raccorde aux chemins reliant l’église de Cuchery à celle des villages voisins, se connectant, à l’est, à la rue de la Gayette. La présence de boutiques d’artisans et de commerçants lui confère une certaine animation. En terre battue, et sans trottoirs comme les autres rues du village, elle offre, en 1776 une largeur maximale de six mètres, bordée de bâtisses non alignées et d’entrées de cours communes.
De la place vers la rue de la Gayette
1776 Au n° 5, réside le chirurgien du village, le sieur Jean-François Louis qui déplore la perte de ses meubles, son argenterie, la moitié de ses instruments de chirurgie et médicaments dans le grand incendie du 1er juillet1. Au n°4, se dresse la forge de Rémi Bardoux qui perd dans les flammes tous les effets de sa boutique, 10 poinçons de charbon, 300 fagots et 4 anneaux de bois, ainsi que ses billets, mémoires et registres. Ce brave maréchal-ferrant possède en même temps le cabaret, au n°2, épargné par l’incendie grâce au pré qui l’entoure et le tient à une bonne distance de la forge.
Fin XVIIIe siècle-1914 La forge de Jacques Dervin, située rue de la Gayette avant 1776, a été reconstruite au n°3 de la Grande Rue. Les descendants directs de Jacques : Guillaume, Joseph Misaël, Eugène, Maurice lui ont succédé jusqu’en 1914. En février 1871, c’est Joseph Misaël qui y forge, ami de l’abbé Miroy, il a été affecté par la fin tragique de ce dernier. Personnage procédurier au sang chaud, il a connu la prison pour avoir tabassé son vieil oncle et une autre fois pour dénonciations « anonymes » calomnieuses contre le maire, Jean- Baptiste Sibeaux, qu’il déteste et qu’il accuse d’avoir dénoncé l’abbé Miroy. Ce qui ne l’a pas empêché de poursuivre ses procès contre la commune sous le mandat des maires suivants pour des histoires de tracé de chemin. Son fils, Eugène, au même caractère impulsif, battait parfois son épouse autant que le fer.

Vers 1900-1921 Le n° 5 est devenu l’épicerie de Jules Œslick et de son épouse, Marie Dervin, sœur d’ Eugène Dervin, puis vers 1906, succursale n°33 des Etablissements de la Société Anonyme Goulet-Turpin, à laquelle est venu s’accoler un café. Le couple Œslick-Dervin vend des produits d’épicerie de base, conservés au sec. La population de l’époque n’a guère les moyens d’acheter les produits frais qu’elle ne produit pas sur place : certains fruits ou légumes et poissons de mer. Il n’existe pas beaucoup de traces de marchands ambulants qui en auraient fait la vente au village, tout juste une marchande de harengs en 1912 et le boucher-charcutier Charles François de Châtillon-sur-Marne en 1913. En mars-juin 1919, André Œslick, l’héritier de l’épicerie, encore aux armées, obtient un sursis afin d’essayer de la restaurer. En août-septembre, la boutique n’a d’ailleurs plus rien à vendre aux habitants revenus de l’exode. Un dépôt de denrées alimentaires est constitué à Châtillon-sur-Marne, avec mise à disposition des maires du canton d’un camion pour les faire parvenir jusqu’à leur commune.

Au premier plan : le n° 4, à gauche et le n°5, à droite. Au plan moyen à droite, la forge Dervin.
Au n° 4, en 1903, se tiennent un café-hôtel et ses dépendances, appartenant à des descendants de Rémi Bardoux, établissement qui est alors vendu à Louis René et son épouse Alvina Poudras, couple fort estimé de la population. Ce café-hôtel, qui devient un café-restaurant et prend le nom de « Café du Centre », a été torpillé en juillet 1918.
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1921-1955 Les maisons détruites en juillet 1918 dans cette partie de la Grande Rue vont être reconstruites. L’enseigne du Goulet-Turpin, au n°5, a disparu, laissant place à celle de la Société Rémoise de l’épicerie, appelée plus tard UNICO3, présente également à La Neuville-aux-Larris. L’épicerie se trouve rehaussée d’un étage et les persiennes métalliques remplacent les volets de bois. André Œslick-Rousseau, a réalisé lui-même une partie des travaux. Les appuis ou poteaux électriques et l’automobile ont fait leur apparition.
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En face, la boutique des Comptoirs Français, qui a succédé au Café du centre, a vu passer plusieurs gérants : M. Petit, Mme Germaine Chevry, M. Balin. Sa salle de café, incluant alors ce qui deviendra son entrepôt dans les années 1960, va se présenter comme une véritable salle polyvalente, accueillant spectacles et conférences, pourvue de bancs et de chaises. Les 14 et 15 janvier 1922, elle est comble lors du concert et de la tombola organisés pour financer le monument aux morts. Le 2 février 1930, l’historien rémois Gustave Laurent vient y faire une conférence portant sur Châtillon-sur-Marne et la situation économique du vignoble à la veille de la Révolution devant une assemblée de vignerons de la Montagne de Reims et de la vallée de la Marne. D’autres fois, les Cucheriats y ont applaudi des comédiens ambulants jouant de petites pièces de théâtre en famille, tels Auguste Caron ou encore Jobertie qui a par ailleurs projeté des films4. La mémoire collective a surtout retenu que cet endroit a été la salle de cinéma du village proposant pendant au moins deux décennies ses séances qui, soit dit en passant, offraient aux jeunes gens et jeunes filles une belle occasion de flirter ! Certains anciens ont gardé en outre le souvenir de rassemblements politiques ou professionnels qui se sont déroulés là, parfois évoqués dans la presse. Au début du mois de janvier 1936 par exemple, une journée d’études rurales, organisée par l’UCFA et la JAC5 du diocèse de Reims, y regroupe 80 vignerons de la région venus s’informer sur les manières de faire face à la crise économique et politique6. Quelques semaines plus tard, quand le Front populaire fait sa campagne, des réunions politiques fiévreuses ont suivi dans lesquelles a retenti du « Vive Jaurès ! ». Durant la Seconde Guerre mondiale, la population s’est tue. Le 15 janvier 1942, la préfecture de la Marne relève que Cuchery est un « ancien fief de la SFIO, à l’état d’esprit calme ». A l’issue de la guerre, on s’exprime à nouveau.

Cette fois, du « quel bel homme ! » est scandé dans le noir, mais on reconnaissait les voix, en parlant de Staline lorsqu’il apparaissait aux actualités précédant les films projetés. Le journal socialiste, Le Populaire, compte alors des lecteurs dans le vallon. Le dimanche 23 octobre 1949, dans le cadre de la campagne des cantonales, la section du Parti communiste du canton de Châtillon-sur-Marne vient faire sa réunion dans la salle du Comptoir autour d’un thème international prioritaire, la défense de la paix dans le monde, la Guerre froide allait crescendo.
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1 Vive la compagnie, comédie de Claude Moulins. Sorti en mars 1934

4 Le pavillon brûle de Jacques de Baroncelli, avec Jean Marais. Sorti en décembre 1941

6 Le café du port de Jean Choux. Sorti le 8 mai 1940

2 Chèque au porteur de Jean Boyer. Sorti en décembre 1941

3 L’orphelin de la brousse de Ken G Hall, réalisateur australien, avec Owen Muro… et le kangourou boxeur Chut, dont on voit ici la tête. Sorti en février 1938

5 Espoirs, comédie dramatique de Willy Rozier avec Pierre Larquey. Sorti en mars 1941

7 Josette de Christian-Jaque. Sorti en janvier 1937 avec Fernandel et sa fille Josette
1 à 7 : Affiches de films collées sur les murs de l’entrepôt des Comptoirs Français.© Chevry
Ces films ont-ils été projetés à Cuchery après avoir fait carrière dans les salles de cinéma urbaines ? Sous l’occupation allemande, la production de films a continué. Les films français qui sortent alors, soumis à une censure renforcée, doivent assurer du divertissement.
Afin de connaître les histoires racontées dans les films, il était possible de lire « Le film complet », magazine illustré auquel certains Cucheriats s’ abonnaient.
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1, 2, et 3 : Fragments d’une fresque en partie sauvegardée sur le mur de la grande salle des Comptoirs français

La fresque reproduite sur un tableau. ©C Chevry
La fresque est datée du 7 juin 1940. A -t-elle été entreprise durant la « drôle de guerre » ou réalisée après le 10 mai ? La scène d’ivresse représentée est bien entendu imaginaire, la population de Cuchery ne peut s’y reconnaître. La signature est celle d’un homme du 18e régiment du Génie, apparemment affecté aux transmissions et présent dans le village. Le 7 juin, l’armée allemande était en train de déferler sur la France. La population de Cuchery a pris le chemin de l’exode deux jours après. Du 10 au 13 juin 1940, des combats se déroulent dans la région. Au sein du territoire cucheriat, nous avons trace d’au moins deux soldats morts lors de ces combats, l’un français et l’autre allemand.
Années 1950 à 2000

En mai 1951, la commune autorise les Comptoirs français à installer un poste de distribution d’essence. Le gérant, de la succursale, M. Etienne Ascas, en a vendu jusque dans les années 1970, en concurrence désormais avec la station ELF du garage Marchand, sise au 26, Grande Rue.
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< Extrait d’un protège-cahier diffusé par les Comptoirs Français vers 1965 ©Collection particulière
Au milieu des années 1960, on vend encore toutes sortes d’articles à l’épicerie. Les villageois ne se rendent pas dans les villes aussi fréquemment qu’au XXIe siècle. Il se trouve encore des enfants qui, revenant de Reims ou d’Epernay, s’étonnent d’avoir vu « des hommes et des femmes qui ne bougeaient pas » dans les vitrines des magasins, en parlant des mannequins de présentation !
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A cette époque, sillonnent dans le village des commerçants ambulants venus des bourgs proches, tels que les bouchers, « La Coop », la marchande de tissus résidant à Méry-Prémecy ou bien encore le marchand de glaces « Robert » de Dormans. De nombreux Cucheriats de la gent masculine désirant une coupe de cheveux se contentent encore de celle prodiguée par Bertin Moreau, au 15 de la Grande Rue. A la fois vigneron et coiffeur, Bertin réalise la même coupe pour tous, dégagée à la tondeuse, apprise lors de sa captivité de guerre.
2008

Le café-épicerie du n°5, qui a tenu le coup jusque là, mais manquant de confort, vient juste de déménager afin de s’installer rue du Stade. La Grande Rue se retrouve dépourvue de commerces de proximité pour l’animer, cependant que les panneaux indiquant les vendeurs de champagne ont fait leur apparition.
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2009…


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L’enseigne « 8 à Huit » des années 1980 a été décrochée, laissant réapparaitre celle des Comptoirs Français. L’ancienne boutique et son entrepôt ont été rénovés par les nouveaux propriétaires, des vignerons qui y font vente de leur champagne. Les réseaux sont enfouis et les trottoirs renouvelés depuis 2011.
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De la place vers la sortie Ouest
1776-1910 En 1776, la rue de la Fontaine n’est pas encore percée. A l’emplacement de l’angle qu’elle forme de nos jours avec la Grande Rue se situe la boutique du charron, Louis Bourbonnois et au n° 9, celle du tonnelier, André Chenard, décédé en 1770. Un charron, Théophile Tricotteaux, besogne à cette même adresse dans les deux dernières décennies du XIXe siècle, puis son fils, Jules, devenu boucher, lui succède. Vers 1910, on donne des bals au son du violon à l’étage de sa boutique.

Au premier plan, à gauche : la mairie-école, à droite : l’auberge « Ancien-Liébart » et sa salle de bal qui accueillera les fraternités belges dans les années 1950-1970. En 1906, les archives parlent de réverbères, qui ont l’air d’éclairer les rues du centre de Cuchery et de cette partie de la Grande Rue.
Au moyen plan à droite, « la ferme Mimin » (n°14 actuel), avec son toit à quatre pans. Avant 1776, elle n’existait pas. A sa place s’étendait une cour commune dont l’un des occupants, Nicolas Létoffé, vigneron et marchand, meurt en 1789. Deux ans plus tard, sa fille Marie-Madeleine épouse Pierre Mimin, originaire de Ville. En décembre 1794, Pierre achète des biens nationaux de l’émigré Charles de Tarnaux dont une maison, pour 3625 livres. Devenue veuve, Marie- Madeleine figure parmi les chefs de famille les plus imposés du village en 1833. Son fils, Charles Florentin Mimin, propriétaire cultivateur, maire ou adjoint au maire de Cuchery dans les années 1826 à 1848, meurt en septembre 1849, pendant l’épidémie de choléra. En 1900, on entre dans « la ferme Mimin » par une grande porte cochère, surmontée d’un pigeonnier couvert d’ardoises, qui permet d’accéder à une imposante cour autour de laquelle se distribuent logements ou chambres pour le personnel, écuries, poulaillers, porcherie, étables, greniers, granges de stockage des récoltes ainsi que la batteuse et autres engins agricoles. Durant la Première Guerre mondiale, le corps de ferme a servi, à l’instar de nombreux autres du vallon, au cantonnement, plutôt risqué des soldats.
1902-1987

Venus chercher du pain et des nouvelles, quelques Cucheriats ont posé pour le photographe devant la boulangerie Brice Landat.
Au n°18, se dresse la boulangerie du village. Vers 1902, Jules Gaston Brice, originaire d’Œuilly, et son épouse, Claire Landat, fabriquent et vendent là leur pain. Proposant également de l’épicerie, prenant en cela la suite des parents de Claire qui étaient épiciers dans la décennie précédente. Le couple Brice-Landat tient par ailleurs le bureau de tabac et Contributions indirectes. Pendant la Première Guerre mondiale, l’absence de Jules Gaston Brice, parti aux armées en novembre 1915, rend difficile l’approvisionnement en pain dans le village. Le 30 septembre 1917, le maire demande donc au préfet de le faire rentrer, mais n’obtient rien. A son retour au foyer, Jules Gaston peut enfin embrasser sa fille née en février 1918. Vers 1936, le couple Brice-Landat déménage au n°22, où il tient toujours le bureau de tabac et Contributions directes.

La boulangerie Brice-Landat a été cédée à André Pierlot, originaire de Poilly, qui n’offrira pas d’épicerie mais adjoindra une partie buvette. André Pierlot a continué à servir des tournées de boisson aux joueurs de belote jusqu’à sa retraite, puis son fils, Bernard, a repris le commerce jusqu’à sa mort en 1987. Depuis le village n’a plus de boulangerie.
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1919-1920


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< La maison d’Adrien Régnier, 1920. ©Collection particulière.
13, Grande Rue, en partie détruite en juillet 1918
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1920-1936

Au moyen plan à gauche, 20, Grande Rue, se dresse la maison de la Veuve Savoye-Vadel, un peu plus cossue que les autres.
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La maison 20, Grande Rue en 2017. © C Chevry
Au XXIe siècle, cette maison, achetée par un habitant de Chaumuzy, est transformée en gite rural.
Description de la maison de la Veuve Savoye-Vadel telle qu’elle était avant 1918 :
- maison à un étage et grenier ;
- murs en moellons et meulières.
- ouvertures en briques et moellons enduits de plâtre ;
- sol du rez-de-chaussée en brique de pays à bâton rompu ;
- couverture en tuiles plates de Ludes.
Détruite en juillet 1918, seuls les moellons ont pu être récupérés. Au dire des voisins, Mme Savoye-Vadel a su mieux que d’autres s’y prendre au moment de défendre son dossier de dommages de guerre. En avril 1922, l’architecte, Henri Ménet, a prévu une élévation de façade en moellons du pays hourdés avec jointement en mortier de chaux et grève de Marne, joints serrés au fer. Assises des linteaux et souches en brique rouge de Dizy.
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1936
1 à 5 : Maison à l’angle de la rue de la Barbe-aux-Cannes et de la Grande Rue


1 et 2 : La maison en 2015,
Le cliché 1 montre la bâtisse telle qu’elle se présentait, à peu de choses près, en 1936, après sa reconstruction. Son nouveau propriétaire avait démoli la chambre à four qui faisait saillie sur la façade nord, au 11, Grande Rue. Le tag « A BAS PITOIS » (cliché 2), sur la même façade, remonte à cette époque 8.
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< 3 Façade nord en rénovation. 2022. © C Chevry
L’enlèvement du crépi découvre le départ de voûte de l’ancienne chambre à four disparue.
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Ecrit à la craie, au plafond de l’ancien manège9.
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1944
1 à 4 : La Grande Rue à la Libération

Les troupes du Général Patton libèrent la Marne au cours des derniers jours d’août 1944. Elles ont défilé dans la Grande Rue : chars chenillés faisant trembler le sol à grand bruit et voitures blindées. Arrivés au bas de la place, certains véhicules se sont dirigés vers Orcourt, d’autres vers La Neuville-aux-Larris. La personne que l’on devine, en train de tendre le drapeau tricolore (cliché 2), était une réfugiée francophone, originaire de Moselle, Madeleine Feger, qui habitait avec sa famille rue de la Barbe-aux-Cannes. Avec des draps teints et des accessoires de fortune plusieurs femmes du village avaient confectionné des drapeaux français, britannique, russe et américain (à qui il manquait des étoiles !) . D’après le témoignage de Mme Chevry Mariette, auteure des clichés.



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1950-1985

< La Grande Rue vers 1960 © Collection particulière
Au 1er plan, la boulangerie-buvette d’André Pierlot.

< Le n°9, Grande Rue, vers 1965. CPA
Ancien atelier de charron, puis boucherie et enfin maison de vigneron.

< Le garage Marchand vers 1970
© Collection particulière
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A droite au premier plan, la maison ouvrant au n°1, rue de la Barbe-aux-Cannes, et au moyen plan, le n°9.

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La porte est murée.

1 et 2 : Pan coupé dans la Grande Rue
A l’angle de la rue de la Barbe-aux-Cannes, ce pan coupé se démarque par sa concavité originale au dessus de l’ouverture. En 1920, son propriétaire, le garde champêtre Paul Orban, attendait sa reconstruction.
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NOTES
- Voir : Les médecins et les accouchements à Cuchery 1680-1950 ↩︎
- L’Indépendant rémois, 1910- ↩︎
- UNICO : Union commerciale ↩︎
- Il n’est pas exclu que l’ancêtre du cinéma soit entré à Cuchery avant cette période. Vers 1885, est arrivée d’Italie la famille Felloni, dont un des membres a exercé la profession de marchand forain, vendant jouets et sucres d’orge, et disposant d’un appareil de projection (Témoignages de Cucheriats dans les années 1970). Notons qu’en 1896, à La Neuville-aux-Larris l’instituteur disposait déjà d’un appareil à projections lumineuses, offert par un généreux habitant du village. ↩︎
- UCFA : Union catholique de la France agricole. JAC : Jeunesse agricole catholique. ↩︎
- Cette réunion aborde la question des assurances mutuelles agricoles, la technique de vinification et l’intérêt de créer une coopérative vinicole par
village. ↩︎ - . ↩︎
- Inscription peinte pendant la houleuse campagne des législatives de 1936 par des Cucheriats de gauche sur la façade, 11, Grande Rue. Albert, le propriétaire de la maison, qui était de droite, n’a guère apprécié et a même demandé réparation devant la justice contre son propre frère, André, un des auteurs de ce tag. Cependant, Albert n’a jamais songé à l’effacer, pas plus que sa fille qui a hérité de la maison. Son nouveau propriétaire ne l’a fait disparaître qu’en 2019. Ce tag a été peint après la tenue d’une réunion électorale de Pierre Pitois à Cuchery. Candidat de droite, il se présentait dans la circonscription de la Marne dont relevait Cuchery à l’époque. Pierre Pitois a été élu député au second tour, le 3 mai 1936 et son mandat a été prorogé jusqu’en mai 1942. Il a succédé au radical- socialiste, Gaston Poittevin, député de la circonscription depuis 1919, en même temps conseiller général du canton de Châtillon-sur-Marne et qui deviendra président du Syndicat des vignerons de 1938 à 1941. ↩︎
- Transformé en remise. Il côtoyait un cellier en pierre d’environ 72 m2 dans lequel le propriétaire avait installé un pressoir, reposant sur une cave voûtée bien fraîche; ces deux bâtiments ouvraient sur une cour fermée. ↩︎
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SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE
Archives nationales. Documents concernant l’abbé Miroy, curé de Cuchery (Marne), Cote : AB/XIX/3199.
Archives départementales de la Marne. Secours aux communautés et aux particuliers et incendiés (1719-1787) Cote : C 1955.
Archives départementales de la Marne. Délibérations municipales ; Cote : E DEPOT 13246.
Archives départementales de la Marne.Registres des Baptêmes, Mariages, Sépultures de la paroisse de Cuchery de 1639 à 1791. Cote : E Supplément 518 à 529.
Archives départementales de la Marne. Dénombrements de la population de Cuchery de 1836 à 1975. Sous-série 122 M.
Archives départementales de la Marne. Dépôt depuis 1940 . Cote :133 W 350.
Témoignages oraux de Cucheriats recueillis entre 1975 et 2012.
Annales historiques de la Révolution française, Tome septième. Editeur Firmin-Didot et Cie, 1930.
Bulletin du diocèse de Reims, 11 janvier 1936.
L’Indépendant rémois, 25 décembre 1896, 6 juin 1903.
La Champagne, organe régional du Parti communiste français: 23 octobre 1949.
L’Eclaireur de l’Est, 18 janvier 1922.
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