Chronique de Villers-sous-Châtillon : le château

L’historien et homme politique français Gustave Laurent a rapporté la tradition selon laquelle Villers-sous-Châtillon aurait été fondé par l’abbaye d’Hautvillers qui lui aurait donné le nom de Bas-Villers. En 1789, l’abbé d’Hautvillers présentait à la cure de Villers.

Début du XIII e siècle Il existe un fief à Villers, dont la garde est confiée à Robert de Villers, relevant de la chastelerie d’Epernay, et à Raoul Le Blanc, relevant de la chastelerie de Châtillon. Raoul Le Blanc a par ailleurs la garde d’Avenay et Fismes. Il est vraisemblable qu’un manoir fortifié se dresse dès cette époque à Villers.


1518 ou 1519 Décès de Marguerite de Châtillon, épouse de Pierre de Roncherolles, laquelle possédait, entre autres, les terres de Villers, Orquigny et Tincourt.

Château de Villers-sous-Châtillon avant 1914. CPA

1549, 1558 Jean Barillon, conseiller du roi au Parlement de Paris, se rend possesseur en 1549, auprès de Charles du Bec, descendant de Marguerite de Châtillon, de la seigneurie de Villers, Orquigny, Anthenay et Mutry. A partir de 1558, selon Gustave Laurent, il devient baron de Châtillon, après avoir acquis le château du lieu, partiellement en ruine, dont il va achever la reconstruction. Ce château sera à nouveau détruit en 1575.

1572 Décès de Jean Antoine Barillon à l’âge de 42 ans qui a hérité de la seigneurie de Villers.

1601, 1607 Adrien Barillon, seigneur de Villers, Orquigny, Anthenay et Mutry, est trésorier général de la généralité de Châlons. Inhumé en 1607 en l’église d’Anthenay.

1607 (vers)-1719 La famille Le Dieu possède la seigneurie de Villers, dont le château, avec :

  • Benoit Le Dieu, seigneur de Ville-en-Tardenois en partie, lieutenant civil et criminel du bailliage de Château-Thierry et Châtillon, époux en premières noces de Jacqueline Noël, décédée en 1593, et en deuxièmes noces de Nicole de Baudier ;
  • Thomas Le Dieu, fils de Benoit, écuyer, lieutenant général du bailliage de Châtillon. Epouse Marie Noblet, le 11 août 1597, dont une fille, Marguerite Le Dieu, morte en 1608, et deux fils Charles et Robert ;
  • Charles Le Dieu, seigneur de Villers et de Tincourt1;
  • Robert Le Dieu, décédé en 1644 au siège de Fribourg en Brisgau, lieutenant-colonel du régiment de Saint- Etienne, époux de Claude de la Ruelle ;
  • François Robert Le Dieu, fils de Robert. Lieutenant des maréchaux de France aux bailliages de Château-Thierry et Châtillon, qui a été l’époux d’Anne Floriot, puis en 1690, de Françoise de Belloy, dame de Cuisles et de Bricot. De ces deux unions, six enfants sont nés. François Robert s’éteint le 9 février 1726.

1719 18 décembre François Guyot de Chenizot, originaire de Vailly-sur-Aisne, acquiert la terre et la seigneurie de Villers et de Camp, avec leurs maisons seigneuriales, auprès de François Robert Le Dieu.

1720 Description du château de Villers :

« le principal manoir de la Seigneurie, consistant en deux grands corps de logis audit Villers, l’un proche de l’autre, néanmoins séparé de murailles, consistant chacun desdits corps de logis en cuisine, chambre basse, chambre haute, greniers dessus, cour séparée, cave, cellier, grange, écurie, le tout de fond en comble couvert de thuiles, pressoir à cache (cage) dans la cour du haut, colombier et plusieurs autres bâtiments ; pressoir à cache devant la maison de bas, fosse à poissons et un grand canal plein d’eau, derrière le jardin ; le tout tenant l’un à l’autre, contenant lesdits clos et jardins environ cinq arpens, la place comme elle se comporte, un clos à herbe derrière le pressoir de la place, tenant d’un côté audit pressoir, d’autre à Jean Saupy, d’un bout à Nicolas Deloüart, l’autre à François Oudart. »

Extrait de L’ aveu de dénombrement pour la seigneurie de Villers-sous-Châtillon. 11 mai 1720

1731-1743 Léonard Guyot de Chenizot, seigneur de Villers, chevalier, se trouve secrétaire des conseils d’Etat et conseiller au Parlement. Avec sa seconde épouse, Françoise Claire de Beausergent, il n’a eu apparemment qu’ un fils, François Vincent, né le 12 juin 1735.

Mausolée des Chenizot à Villers-sous-Châtillon. © C Chevry
A l’emplacement de l’ancien cimetière qui jouxtait l’église autrefois.

1743-1829 François Vincent Guyot de Chenizot est seigneur de Villers2 et de Camp, mais aussi de Tincourt, La Haye-Courton, Châtillon-sur-Marne en partie et autres lieux. Conseiller au Parlement, maître des requêtes, conseiller d’honneur en l’hôtel de ville de Paris, lieutenant du roi à Château-Thierry. Epoux de Marie Madeleine Engelbert3, hollandaise d’origine indienne. François Vincent a demeuré à Paris jusqu’en 1762 dans l’hôtel paternel, en l’île Saint-Louis, puis dans son hôtel de la rue de Richelieu jusqu’en 1787. En 1771, il acquiert auprès d’Antoine Marie Barillon d’Amoncourt, les ruines du château de Châtillon, accédant ainsi au titre de baron de Châtillon. En 1789, il possède, outre sa maison seigneuriale de Villers, une autre maison à Tincourt, 140 des 168 arpents de terres labourables et 200 des 266 arpents de bois que comptent Villers et Le Camp. Son château de Villers n’a pas été vendu sous la Révolution. Arrêté et emprisonné, il a réussi à sauver sa tête, grâce à l’aide des habitants de Villers, pour finalement recevoir les honneurs sous le premier Empire. A sa mort à Paris, le 25 juillet 1829, sans héritier direct, il porte les titres de vicomte et baron de l’Empire. Sa dalle funéraire4 rappelle qu’il a été chevalier de la Légion d’honneur, vice-chancelier honoraire de l’ordre illustre chapitral de l’ancienne noblesse, grand-croix et commandeur de l’ordre de Holstein, ancien conseiller d’Etat. Avant de mourir M. de Chenizot a octroyé d’importants legs à la commune de Villers, lui permettant, par exemple, de construire un presbytère, une école de filles, une de garçons et un établissement de charité, confiés aux Sœurs de Saint-Vincent de Paul.

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1 à 4 : Plaques en marbre dans le mausolée dédié aux Chenizot à Villers-sous-Châtillon et construit par ses habitants.

2 François Vincent Guyot de Chenizot
1 Marie Madeleine Engelbert, vicomtesse et
baronne de Chenizot

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4 Armoiries sous le portrait de M.Guyot de Chenizot
3 Armoiries sous le portrait
de Mme de Chenizot

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1799 Philippe Symonet, écuyer, riche propriétaire réside en même temps à Paris et à Villers-sous-Châtillon. Devenu avoué près du tribunal civil de la Seine, on le découvre maire de Villers-sous-Châtillon, député de la Marne, féru de géographie. En 1823, il partage la même demeure parisienne (au 38, rue Rochechouart) que François Vincent Guyot de Chenizot, son ami qui en a fait un de ses légataires. Philippe est décédé en 1826.

1832, 1836, 1839 Adolphe Symonet, descendant de Philippe Symonet, « propriétaire », possède le château et est maire de Villers. A ses côtés, vivent son épouse, Adélaide Bajot de Conantre, ses deux filles Mathilde et Berthe, servies par des domestiques. Le 6 janvier 1839, déjà propriétaire de la ferme qui fut autrefois le prieuré de Binson, il acquiert l’église dudit prieuré en déshérence5. D’autres biens dans la région lui appartiennent, notamment des fermes à Anthenay.

1849-1881 Adrien Charles Henri Adéodat, comte de Verdonnet, épouse Mathilde Symonet en 1849 à Paris, où vont naître leurs trois enfants : Sosthène, Georges et Adélaide. Après la mort d’Adolphe Symonet en 1855, les héritiers du château n’y résident pas6. Un garde particulier et un jardinier y demeurent jusqu’en 1876 (plus un régisseur en 1866). Le château a dû être vendu entre 1876 et 1881.

Vers 1881-1921 Le château appartient jusqu’à la Première Guerre mondiale à Louis Antoine Raoul du Bouëxic, comte de Pinieux, « propriétaire », ancien Zouave pontifical. Aux côtés de son épouse, Marthe de Tschudy de Glaris qui lui a donné quatre enfants. Bouëxic est un nom d’origine bretonne, cependant le couple nous vient de Lorraine, probablement arrivé après la Guerre de 1870. On le retrouvera domicilié à Metz en 1921, l’année où le comte de Pinieux s’éteint. Lors de la seconde bataille de la Marne, en juin-juillet 1918, le comte de Pinieux a dû évacuer les lieux comme tous les autres habitants puisque le château et le village ont été bombardés et incendiés.

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1918 Description du château de Villers-sous-Châtillon avant sa destruction :

L’immeuble affectant la forme d’un quadrilatère, flanqué de 4 tourelles d’angle, est élevé sur caves, d’un rez-de-chaussée, d’un étage carré et d’un étage de combles lambrissé. En prolongement sur l’aile gauche, un bâtiment des communs élevé d’un rez-de-chaussée et d’un étage lambrissé.

Le bâtiment principal comprend :

  • A rez-de-chaussée : 2 chambres rectangulaires et 2 chambres dans les tourelles de droite. A la suite, côté façade principale : vestibule d’escalier, salon, salle de billard, salle à manger. Dans les tourelles de gauche, office et escalier. Sur la façade arrière : grande galerie couverte, petit cabinet, débarras ou vestiaire.
  • Au 1er étage : 2 grandes chambres à droite avec toilettes dans les tourelles. Escalier. 4 grandes chambres dont une comprenant deux alcôves et toilette dans la tourelle. Petit escalier. Terrasse au dessus de la galerie du rez-de-chaussée.
  • L’étage de comble lambrissé, divisé en petites chambres et débarras.

Le bâtiment en aile comprend :

  • A rez-de-chaussée : grande cuisine, office, laverie, fruitiers, débarras et dégagements. Escalier d’accès au 1er étage.
  • Le 1er étage lambrissé, divisé en chambres.

Extérieurement, sur façade postérieure : 1 grand perron à double révolution et 2 autres perrons simples.

Murs de façade antérieure, de refend où les voûtes sont construites en moellons de pays et mortier de chaux, avec décoration des baies par champs plats et tableaux enduits en ciment. Ravalement de la façade de devant en crépi tyrolien de ciment moucheté au balai. Les sols du rez-de-chaussée sont soit de marbre, soit de liais, soit de carreaux à cérame rouge 1re qualité. Au 1er étage, tous les sols sont en briquettes, toutes les menuiseries et charpentes en chêne, la couverture en ardoises. 

Dans le parc du château : deux pavillons, une orangerie et une Tour des chevaliers à trois étages.

D’après L’inventaire dressé le 10 septembre 1919, inclus dans un dossier de dommages de guerre examiné le 3 mai 1923

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< Le château de Villers-sous-Châtillon en ruine en 19187. CPA

< Villers-sous-Châtillon dévasté en 1918. CPA

1924-1945 Le nouveau propriétaire du château, M. le baron Pierre de Rolland de Blomac, domicilié à Paris, cessionnaire des indemnités de dommages de guerre, a acquis en même temps une maison située rue d’En-bas, le moulin de la Savatte, la maison du jardinier du château, la ferme des Savarts, le pensionnat privé Saint-Henri et une autre ferme, rue de Venteuil. M. de Blomac a décidé de ne pas reconstruire le château.

L’école Saint-Henri vers 1900. CPA
Tour de l’ancien château de Villers8. © C Chevry 2015

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Ce que les habitants désignent désormais comme « château de Villers » est en réalité une bâtisse cossue, perchée à l’orée des bois et à l’écart du village, que M. de Blomac a fait bâtir vers 1927 afin d’y accueillir des chasseurs, entretenue en continu par ses serviteurs. Cependant, il n’en a guère profité longtemps puisqu’il décède en 1935, à l’âge de 44 ans. En 1936, le recensement nous donne un nouveau propriétaire, M. Balloffet, un industriel fabricant d’électrodes pour lampes électriques, résidant à Paris.

1945-2000 Après 1945, entre les mains de la ville de Reims, le château est devenu une colonie de vacances qui a accueilli des petits rémois pendant environ trois décennies. A la fin du XXe siècle, une famille vigneronne du cru en est devenue propriétaire.

< Le nouveau « château » de Villers-sous-Châtillon. CPA

Une architecture inspirée de celle de l’ancien château ou bien d’un manoir normand ...?

< Colonie de vacances au château de Villers-sous-Châtillon. CPA

Les baraquements ont été construits à la fin des années 1960.

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NOTES

  1. La bibliothèque municipale de Reims détient un ordre des Grands maitres enquêteurs et généraux réformateurs des eaux et forêts de France d’incarcérer Charles Ledieu, Seigneur de Villers, à la requête d’Antoine et Jean-Jacques Barillon, 25 septembre 1643.
    27/07/231

    ↩︎
  2. En 1789, Villers est un hameau de Binson. ↩︎
  3. Héritière de sa riche tante maternelle, Gertrude van Zyll qui épousa en secondes noces Benoit Dumas, gouverneur de Pondichéry et directeur de la Compagnie des Indes orientales. Marie Madeleine est née à Napagatam près de Pondichéry au foyer de Bernard Engelbert, ministre hollandais de la côte de Cormandel et Josina an Zyll. Le père de Josina et Gertrude a été gouverneur hollandais de Pondichéry. ↩︎
  4. Dans le mausolée près de l’église de Villers-sous-Châtillon. ↩︎
  5. L’ensemble (prieuré et église) a été offert à l’archevêque de Reims, Mgr Gousset, en 1858, qui à son tour l’a offert au diocèse de Reims. ↩︎
  6. Dans les années 1860-1878, Adrien de Verdonnet et sa famille résident au château de Poncié, à Fleurie, à la tête d’un beau domaine du Beaujolais. Adrien de Verdonnet décède en 1878, au château de Villevaudé (Seine-et-Marne), domicile de Berthe Symonet. Celle-ci s’est éteinte dans son château en 1901, tandis que Mathilde est morte à Sainte-Maxime en 1913.

    ↩︎
  7. Photographie tirée des Guides illustrés Michelin des champs de bataille. La deuxième bataille de la Marne 1914 -1918, Michelin et Cie éditeurs. Clermont- Ferrand. 1919.

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    SOURCES BIBLIOGRAPHIE

    Archives départementales de la Marne. Aveu et dénombrement pour la terre et seigneurie de Villers-sous-Châtillon. Cote : J 381.
    Archives départementales de la Marne. Dénombrements de la population de Villers-sous-Châtillon.1836 à 1975. Sous-série 122 M.
    Archives départementales de la Marne. Dommages de guerre. Cote : 10 R 3218.
    Archives départementales du Rhône. Dénombrements de la population de Fleurie. 1836-1900. Cotes : 6 M 170, 6 M 203, 6 M 271.
    Archives départementales du Rhône. Etats civils 1800-1900. Cote : 4 E 6435.

    Témoignages d’anciens colons de la colonie de vacances de Villers-sous-Châtillon.

    Les droits seigneuriaux et les anciens seigneurs de Villers-sous-Châtillon et de Tincourt dans Revue de Champagne et de Brie .
    Tome 10. Arcis-sur-Aube, 1898.
    Exposition universelle de 1867 à Paris. Catalogue général, E Dentu Ed, Paris,
    Concours d’animaux reproducteurs…et divers produits de l’agriculture. Imp impériale, Paris, 1865.
    Les Echos, 21 octobre 1929
    Bulletin de la société héraldique et généalogique de France, Paris, 1890.
    Revue de Champagne et de Brie. Léon Frémont Imp, Arcis-sur-Aube1887.
    Arbois de Jubainville, Léon Pigeotte, Histoire des ducs et comtes de Champagne, Tome 5. Paris, Durand,1863.
    M. Dalloz aîné et M. Armand Dalloz, son frère, Recueil périodique et critique Jurisprudence de législation et de doctrine, Paris, 1861.
    Thierry Claeys, Dictionnaire biographique des financiers en France au XVIIIe siècle, Kronos Ed SPM. Rééd. Paris, 2011.
    François-Pierre Goy, Histoire et traitement de fonds manuscrits modernes à la bibliothèque municipale de Reims : l’exemple du legs
    Pol Gosset, 1994.
    Pierre Houllier, Etat ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons, Compiègne, Bertrand, 1783.
    Raymond Josse, Jean-Pierre Collinet, Jehan de la Fontaine à Château-Thierry vu par un homme de son pays, Société historique et archélogique de Château-Thierry, 1987.
    Gustave Laurent, Cahiers de doléances pour les Etats généraux de 1789. Département de la Marne, tome 3, Bailliages de Sézanne et Châtillon- sur-Marne, Epernay. Imp H.Villers, 1911.
    Auguste Longon, Les pagis du diocèse de Reims avec quatre cartes dans Bibliothèque de l’Ecole des hautes études. Lib A Franck. Paris, 1872.
    M. le Chanoine Lucot, L’église et Binson et Sainte-Posenne, dans Mémoires de la Société d’agriculture, commerce sciences et arts du département de la Marne. Année 1880-1881 Libraire Auguste Denis Châlons-sur-Marne, 1882.
    Paul Pellot, Notes chronologiques sur les seigneurs de Reuil et d’ Olizy, dans Revue de Champagne et de Brie .Tome 23. Ed Léon Frémont. Arcis-sur Aube, 1887
    Ange Remy, Histoire de Châtillon-sur-Marne, Reprise de l’édition de 1881. Col Le livre d’histoire -Lorisse.Ed .Paris, 2014.
    Auguste Vitu, La maison mortuaire de Molière, Ed : Alphonse Lemerre. Paris, 1880.
    Minnie Walls Noblitt, Down the centuries with the Noblitts, 1180-1955,
    Mitchell-Fleming Print, 1956.


    ↩︎
  8. Tour intégrée à une maison, perpétuant le souvenir du château, au même titre que des souterrains servant en partie de cave et, à proximité, une rue du Château. ↩︎


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